Succès: des sociétés productrices de chocolat répondent à nos exigences

Le 2 décembre 2015 à Bruxelles, les représentants de la campagne Make Chocolate Fair! (Rendre le chocolat équitable!) ont remis 122 826 signatures pour un chocolat équitable à l'Association des industries de la chocolaterie, biscuiterie-biscotterie et confiserie de l'Union européenne (CAOBISCO). À cette occasion, nous nous sommes concentrés sur deux demandes centrales. Nous avons demandé aux entreprises chocolatières de calculer un revenu de subsistance équitable pour les producteurs de cacao, et nous leur avons demandé en quoi un revenu de subsistance affecterait le prix des fèves de cacao. De plus, les entreprises européennes devraient utiliser essentiellement du cacao certifié!

« Les entreprises chocolatières européennes, conjointement avec d'autres parties prenantes concernées, doivent calculer un revenu de subsistance équitable pour les producteurs de cacao », a déclaré Evelyn Bahn, coordinatrice de la campagne Rendre le chocolat équitable ! à INKOTA en Allemagne. « C'est le seul moyen d'obtenir un prix équitable pour le cacao, et de lutter ainsi efficacement contre le travail des enfants. » À l'heure actuelle, 87 % du prix d'une barre chocolatée finit dans les poches des compagnies de broyage de cacao, des entreprises chocolatières et des chaînes de supermarchés. Seulement 6,6 % du prix revient aux producteurs de cacao. « La toute-puissance des entreprises exerce une pression sur les prix, ce qui ne permet pas de fixer un prix raisonnable pour le cacao », a ajouté Bernhard Zeilinger, coordinateur de la campagne Rendre le chocolat équitable ! en Autriche. « Le fait que la demande en cacao et que les profits des entreprises ne cessent d'augmenter, alors que les producteurs restent dans la pauvreté et la misère laisse un goût plus qu'amère. »

« Les gens en Europe adorent le chocolat. Ils ne veulent pas accepter que les droits de l'homme soient violés pour produire du cacao », a déclaré Tiina-Katrina Kaber, coordinatrice de la campagne Rendre le chocolat équitable ! en Estonie. « Il est grand temps que le chocolat soit 100 % équitable partout en Europe », a conclu Markéta Vinkelhoferová, coordinatrice de la campagne Rendre le chocolat équitable ! en République tchèque.

A la remise des signatures le 2 décembre 2015, pour la première fois, des entreprises productrices de chocolat se sont engagées à participer à un calcul portant sur le montant d'un revenu garantissant l'existence des cultivateurs de cacao et de leurs familles. Lors de la remise des signatures à l'Association des industries de la chocolaterie, biscuiterie et confiserie de l'UE (CAOBISCO) à Bruxelles, la directrice de cette dernière a promis que les sociétés productrices de chocolat accentueront leurs efforts dans la lutte contre le travail des enfants. Nous serons particulièrement attentives à la question de savoir si ces promesses seront suivies de faits.

 « Que l'industrie chocolatière se penche désormais sérieusement sur la question d'un revenu garantissant l'existence des cultivateurs de cacao et de leurs familles représente un grand succès pour notre campagne et pour les cultivateurs de cacao du monde entier », explique Evelyn Bahn, coordinatrice de la campagne Make Chocolate Fair! à INKOTA. Sabine Nafziger, directrice de CAOBISCO, n'a pas donné de précisions sur le délai concret pour élaborer les fondements du calcul, ni sur les sociétés de fabrication du chocolat participantes. « Si les sociétés productrices de chocolat souhaitent vraiment accentuer la lutte contre le travail des enfants, elles doivent combattre la pauvreté des familles de cultivateurs de cacao. Cela signifie aussi que les cultivateurs de cacao doivent pouvoir profiter d'un prix équitable », exige Bahn. Selon elle, un calcul transparent du revenu garantissant l'existence des cultivateurs et de leurs familles représente une base essentielle dans ce sens.

Comme outil de certification et de traçabilité de cacao équitable, Nafziger a fait référence au développement de la norme européenne CEN/ISO. Pour Bahn, ce processus revêt une utilité majeure : « La question de savoir à quel niveau vont être fixés les critères de la norme CEN/ISO reste toutefois ouverte. Cette norme ne doit pas chuter en-dessous des standards existants de Fairtrade, UTZ et Rainforest Alliance. » Tant qu'aucune norme européenne n'existe pas, les sociétés productrices de chocolat doivent faire certifier le cacao par des systèmes existants.

« Make Chocolate Fair! a réussi à faire enfin entendre aux sociétés productrices de chocolat les voix critiques des consommateurs européens », dit Bahn.

Découvrez ici la campagne et apprenez plus sur nos exigences!