Exigences

Offrir des salaires équitables aux producteurs de cacao et à leurs employés

Les entreprises de chocolat doivent garantir des revenus suffisants aux petits producteurs et aux ouvriers agricoles afin de leur garantir, à eux et à leur famille, des conditions de vie décentes, et ce proportionnellement au coût global de la vie dans leurs pays respectifs. Le salaire moyen des fermiers et des ouvriers agricoles est, tout particulièrement en Afrique de l’Ouest, très en dessous du niveau de pau- vreté absolue, lequel est de 1,25 dollar américain ou moins pour vivre par jour. Le revenu doit couvrir les besoins primaires de celui qui le gagne et de sa famille c’est-à-dire le logement, l’alimentation, l’eau potable, les soins de santé, l’éducation, le soin des enfants, les impôts et les moyens de transport, entre autres. Pour les petits producteurs, ces revenus se rapportent au prix minimum équitable pour leurs grains de cacao, leur permettant de payer un salaire à leurs ouvriers agricoles. De plus, un paiement équitable évite aux fermiers de recourir au travail des enfants et permet aux parents de payer les coûts relatifs à l’éducation pour leurs enfants.

Adopter une certification indépendante et un système de suivi

Les entreprises de chocolat doivent utiliser un système indépendant d’homologation des produits ainsi qu’un système externe de suivi afin de garantir le respect des normes écologiques et sociales formulées plus haut et d’assurer la transparence complète tout au long de la chaîne de production. Etant donné que la certification indépendante des produits ne concerne actuellement qu’une petite partie de la totalité de la production du chocolat, les entreprises doivent donc augmenter de façon conséquente l’utilisation de cacao certifié en vue d’aligner à long terme tous leurs produits sur ces normes.

Améliorer les capacités des producteurs de cacao à réaliser une agriculture durable et diversifiée

Les entreprises de chocolat doivent contribuer au maintien d’un système écologique et climatique équilibré ainsi qu’à la bonne qualité des terres et de l’eau par la promotion de la production durable de cacao. Ils doivent augmenter encore les capacités des fermiers à diversifier leurs produits agricoles puisque cela joue un rôle crucial dans l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs. Cultiver et vendre des récoltes variées stabilise les revenus des fermiers et des travailleurs en réduisant leur dépendance vis-à-vis d’un marché du cacao peu rentable. De plus, une agriculture diversifiée les protège de certaines crises telles qu’une mauvaise récolte due à des conditions météorologiques extrêmes, et cela réduit les effets négatifs des variations extrêmes des prix tout en améliorant la sécurité alimentaire. C’est pour ces deux raisons que les entreprises doivent assurer des formations régulières aux producteurs de cacao sur les pratiques agricoles sensibles aux ressources naturelles et au climat et sur les méthodes de diversification agricole.

Respecter les droits de l’homme et du travail sur toute la chaîne de production de cacao et s’opposer à l’exploitation des enfants par le travail

Les entreprises de chocolat doivent respecter les Droits de l’Homme et des conditions de travail décentes en se conformant et en appliquant les principes internationalement reconnus définis dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et par l’Organisation internationale du travail (OIT). En Côte d’Ivoire et au Ghana presque 2 millions d’enfants travaillent dans les plantations de cacao, et des centaines de milliers d’entre eux travaillent dans des conditions qui ne sont pas tolérées par les normes internationales. Ces problèmes fondamentaux dans la production de cacao entraînent que les entreprises doivent s’opposer de manière radicale au travail des enfants tel qu’il est défini dans les conventions numéro 182 et 138 de l’OIT.